À l'occasion de la Journée de la femme, nous voulons vous raconter l'histoire d'une styliste italienne qui, au cours de sa carrière, a introduit de véritables révolutions dans le monde de la mode : Elsa Schiaparelli.
Les origines
Née à Rome en 1890 dans une famille aristocratique d'intellectuels piémontais, Elsa Schiaparelli se distingue très jeune par son caractère excentrique et sa nature inquiète, auxquels s'ajoutent un bagage culturel considérable et une bonne dose de charme.
Après Londres et New York, à 34 ans, elle choisit de vivre à Paris où, encouragée par le couturier français Paul Poiret, elle commence sa carrière dans la haute couture parisienne et devient rapidement l'une des figures les plus importantes de la mode du début du siècle, à l'égal de la bien plus connue Coco Chanel.
Les arts plastiques dans la mode
Ce qu'il fallait à la créativité explosive d'Elsa a été nourri, toute sa vie durant, par le cercle d'amitiés lié au monde de l'art. Par son amie Gaby Picabia, femme du peintre Francis Picabia, elle entra en contact avec certains des plus grands représentants du dadaïsme, comme Marcel Duchamp et Man Ray.

Au cours de sa carrière, elle collabora ensuite avec Jean Cocteau, mais surtout avec Salvador Dalí : en 1937, ils créèrent la robe Homard et le chapeau-chaussure et, en 1938, les robes Larmes et Squelette pour la collection Circus.

Le prêt-à-porter
Elsa Schiaparelli comprit que le tournant de la mode de l'époque serait le vêtement prêt à être vendu, produit selon des tailles standard et par des fabrications en série : le prêt-à-porter.

Avec Coco Chanel, sa contemporaine, elle partageait la nécessité d'abandonner les conventions et les contraintes vestimentaires auxquelles la femme était reléguée. Mais, à l'inverse de Chanel, elle n'opta pour aucune coupe linéaire et rigoureuse. La mode de la Schiap (surnom qu'on lui donna en France) habillait les femmes de façon colorée et sportive, avec des fermetures éclair (les premières apparentes sur les vêtements !) et des applications fantaisistes, des semelles compensées et des turbans.

Les pulls tatouage
Dans le domaine de la maille, ses pulls-tatouage restent mémorables : des pulls marqués par de grands nœuds en trompe-l'œil de style optique noir et blanc, tout comme les pulls rayons X, qui dessinaient la structure du squelette humain comme sur une radiographie.

Les pulls à motif trompe-l'œil furent qualifiés par Vogue de « chef-d'œuvre absolu » et devinrent rapidement des best-sellers de la marque.
Le défilé
Un exemple de son tempérament extraordinairement visionnaire est l'invention du défilé de mode moderne : une présentation de la nouvelle collection - avec un thème principal et une ligne de pièces cohérentes entre elles - avec de l'art, de la musique et des mannequins grandes et minces, aux physiques androgynes.
Le rose shocking
Eh bien oui, cette couleur ultramoderne a été créée en 1936 par Elsa Schiaparelli elle-même. Son parfum Shocking ! était contenu dans un flacon sculpté par Leonor Fini en forme de buste de Mae West (actrice de comédie musicale, sex-symbol de l'époque et provocatrice de l'opinion publique), et présenté dans un emballage rose shocking, couleur qui devint aussitôt une icône de la maison parisienne.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Elsa ferma son atelier dans la capitale française et s'installa à New York. À son retour, les goûts et les habitudes avaient changé, et la mode avec eux. En 1954, ne parvenant pas à faire face aux difficultés économiques, elle ferme la maison et écrit son autobiographie, Shocking Life : la vie anticonformiste d'une artiste de la mode. Elle mourra à Paris en 1973.
Et vous, connaissiez-vous l'incroyable histoire d'Elsa Schiaparelli ? Nous sommes curieux, dites-le-nous !